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// 2008 |
embellie
Située boulevard Henri IV, à Paris, L’Embellie est une boutique destinée aux femmes atteintes d’un cancer, ouverte par Anne Matalon, elle même “rescapée” de cette maladie. Dans une ambiance chaleureuse aux couleurs pastel, qui tranche avec celles des hôpitaux, les femmes peuvent y trouver des perruques, des chapeaux, de la lingerie, des maillots de bain, des prothèses mammaires, du maquillage hypoallergénique et sans odeur, mais aussi des CD de relaxation et des livres. Des ateliers de maquillage, de théâtre, d’écriture et de gymnastique leur sont également proposés.
Originale et audacieuse, l’initiative d’Anne Matalon tranche avec les “concepts” imaginés par toutes les enseignes désireuses de se montrer innovantes. Pour une fois, un magasin ne s’adresse, ni à un pouvoir d’achat, ni à un style de vie, mais à une population souffrant d’une maladie à qui il propose, en un même lieu, tout ce dont elle a besoin et qu’elle avait souvent à mal à réunir. Conséquence : son offre se singularise moins par son originalité que par la part de témoignages et d’expériences des autres malades qu’elle porte, et le service qu’elle propose doit faire preuve, non seulement de disponibilité, mais aussi d’un sens aigu de l’écoute et de l’empathie… dont pourrait d’ailleurs s’inspirer le commerce traditionnel. Mais, plus que tout, L’Embellie ne vient-elle pas offrir un repère de “vie normale” à celles qui s’en croyaient exclues, manière de rappeler que le commerce, loin de n’être qu’un lieu de transaction, est aussi un vecteur d’intégration dans la société ? |