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SOMMAIRE // RECESSION WAY OF LIFE
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// 2010 |
recession way of life
Phénomène récemment apparu aux États-Unis, le “funemployment” décrit le comportement de trentenaires (plutôt cadres et branchés…) qui, ayant perdu leur emploi, ont décidé de ne pas se laisser toucher par le blues du chômage, mais de profiter de leur temps libre pour vivre autrement. Ils puisent dans leurs économies, complètent leurs allocations chômage de petits boulots, cultivent le système D, les échanges et les combines et s’inventent ainsi peu à peu de nouvelles manières de vivre. C’est la “recession way of life” et un site lui est même dédié : www.recessionwire.com.
Bien que marginal et sûrement très urbain, le mouvement “funemployment” n’en est pas moins révélateur de l’émergence d’une nouvelle attitude qui pourrait bien se diffuser à l’ensemble de la population. Il est d’abord la manifestation d’une volonté de ne pas subir les effets de la crise, mais de considérer les difficultés rencontrées comme des opportunités de réflexion sur sa manière de vivre, ses véritables envies et l’importance prise par la consommation dans sa vie. Il est aussi l’expression d’un désir de suspendre momentanément sa vie professionnelle, pas tant pour la remettre en cause que pour se prouver qu’elle ne doit pas nécessairement occuper une place centrale. Le “funemployment” vient enfin souligner le rôle clé joué par Internet dans la transformation d’une intention isolée en mouvement collectif doté d’une “vision” et disposant d’une plateforme d’échanges et de rencontres. Comme si une décision individuelle de changement se prenait d’autant plus facilement qu’elle s’inscrivait en résonance avec les décisions des autres ? |