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SOMMAIRE // GRAF’VERT
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// 2010 |
graf’vert
À New York, Londres mais aussi Paris, des graffitis végétaux commencent à faire leur apparition sur les murs. Imaginés par des "graffeurs verts", ils sont constitués de mousse et de végétaux prélevés dans les bois, puis assemblés avec une colle naturelle faite à partir d'un mélange de farine, de bière, de yaourt et de sucre. Ils représentent des fleurs ou des animaux, manière inattendue et poétique d'attirer l'attention des citadins sur la trop faible présence de la nature en ville.
Ultime avatar du guerilla gardening dont les premières manifestations furent observables à Londres fin 2006 (cf. Œil n°136), les graffitis verts marquent une nouvelle étape dans l'évolution du mouvement. Il ne s'agit plus désormais de vouloir "simplement" voir son quartier fleuri, mais d'accrocher le regard de ses habitants en ayant recours à un geste de contestation urbaine habituellement violent, le graffiti, mais ici adouci par le recours à des matériaux naturels comme la mousse, des branchages et le choix de motifs bucoliques. Grâce à l'usage d'une colle naturelle, ces motifs sont appelés à prendre sur les murs où ils sont appliqués, manière d'exprimer symboliquement que la nature sera toujours plus forte que le béton. Un acte militant, poétique et créatif, qui renvoie les graffitis traditionnels au rang de pollutions visuelles ? |